L’ÉVALUATION DES MÉMOIRES DE MASTER À L’UNIVERSITÉ – CHRONIQUE LIBRE EN 10 ÉDITIONS

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Chronique n°10 APPRÉCIER LA SOUTENANCE

Alexandre T. DJIMELI
Université de Dschang (Cameroun)

 

Dschang,UDs/SIC19/03/25.Il est connu que l’évaluation du mémoire ne résulte pas seulement d’une appréciation de ce qui est écrit, mais également de ce qui est dit oralement. Cette expression orale se fait dans le cadre d’une « soutenance » ou d’une « defense ». Il s’agit d’un échange, généralement ouvert au public, entre le candidat et un jury (collège d’experts compétents pour se prononcer sur la qualité du travail présenté) sur la base d’un document écrit préalablement soumis. Il est intéressant que le jury dispose d’un délai d’au moins une semaine avant la soutenance pour avoir le temps de lire le document et de l’annoter. L’intention de la soutenance est de vérifier, par une prise de parole en présentiel, si le nom qui figure sur le mémoire soumis est effectivement celui de l’auteur de ce travail. Dans certains établissements, cet exercice dure une heure de temps et, dans d’autres, un peu moins ou un peu plus. Il comprend trois principales articulations : l’exposé du candidat, l’échange entre lui et le jury, la délibération et la proclamation du résultat.

Il est donné entre 10 et 15 minutes au candidat pour présenter son mémoire. Les modèles et modalités de la présentation varient en fonction des disciplines et des établissements. Régulièrement, le candidat s’attarde sur les motivations et le contexte de son travail; le problème, les questions, hypothèses et objectifs poursuivis; le cadre conceptuel et théorique; la démarche empruntée pour recueillir et analyser les données puis interpréter et discuter les résultats; les résultats finalement obtenus; les recommandations et les perspectives. La tendance aujourd’hui c’est de faire cette présentation sur PowerPoint avec un vidéoprojecteur pour améliorer la communication avec le jury et le public.

Les échanges avec le jury – il est en général constitué d’un président, d’un examinateur et d’un rapporteur – sont faits en trois principaux temps : la description de l’ambiance de travail et éventuellement des rappels importants et autres précisions de fond effectués par l’encadreur (directeur de mémoire ou superviseur), les observations critiques adressées par l’examinateur sur la présentation liminaire et sur la forme et le fond du mémoire proprement dit, les synthèses et rappels nécessaires formulées par le président qui distribue la parole et modère les échanges. Chaque membre du jury peut, au cours de ses interventions, poser des questions directes au candidat ou faire simplement des observations. Si le candidat peut choisir de ne pas répondre aux observations, il ne peut se soustraire à l’obligation de donner des réponses aux questions formellement posées.

Au terme de l’échange, soit le public sort de la salle, soit le jury se retire. Il est question de donner le temps de délibérer sur la prestation orale du candidat puisque chacun a en principe déjà lu et apprécier (positivement ou négativement) le mémoire. Pendant cette délibération qui dure environ 05 minutes, le jury statue principalement sur ses capacités d’exposition et la pertinence de ses réponses aux questions posées. Les capacités d’exposition comprennent : une expression orale fluide accompagnée d’une gestuelle fonctionnelle, un PPT bien lisible défilant à un rythme raisonnable, un propos qui synthétise l’essentiel du mémoire dans le temps imparti, etc. La pertinence des réponses renvoie à la justesse des réactions du candidat face au jury ; cela inclut des réponses fermes sur ce qu’il connaît, l’affirmation de son ignorance face à ce qu’il ne connaît pas, l’engagement à apprendre si une autre occasion lui était donnée.

Les capacités d’exposition du candidat peuvent être notées sur 02 points et la pertinence de ses réponses sur 03 points. Chaque membre du jury agrège sa note de lecture (sur 15 pts) et sa note de soutenance (sur 05 pts) dont il fait la moyenne sur 20. Le président tranche en faisant en général la moyenne arithmétique des trois notes. À la suite de la discussion et de cette opération mathématique, il rappelle tout le monde en salle et prononce la décision finale. Le mémoire est soit accepté soit refusé. Dans tous les cas, le président dit pourquoi le jury a pris sa décision. Dans la première hypothèse, il précise la note sur 20 et la mention attribuée. Une copie du procès-verbal de soutenance est remise au candidat.

Là, prend fin l’aspect officiel et solennel de l’évaluation du mémoire. Tout n’est cependant pas vraiment terminé. Dans l’essentiel des cas, le candidat doit effectuer des corrections. Celles-ci sont attestées par une fiche de correction signée du jury, surtout de l’examinateur. À la fin, une copie (physique et électronique) du mémoire et éventuellement d’un policy brief validés est déposée à l’UFR et à la bibliothèque centrale de l’Université. C’est ici que l’exercice s’achève. /-

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